Traiter les radiodermites chroniques du cancer du sein

Mar 31, 2017 par

Les radiodermites chroniques suite à un cancer du sein sont en nette augmentation. Ces lésions qui se nichent bien souvent dans le décolleté rappelant chaque jour aux patientes leur antécédent de cancer quand elles ne demandent, au contraire, qu’à oublier. Ce droit à l’oubli, rétabli grâce au laser à colorant pulsé (LCP) ?

radiodermite cancer sein

Radiodermites chroniques : une séquelle visible du cancer du sein

Les traitements cancéreux se sont perfectionnés ces dernières années, en particulier dans le cancer du sein. Ainsi, les protocoles de radiothérapie se sont bien améliorés, entre autres par l’utilisation de LED rouges aux vertus anti-inflammatoires en complément. Ainsi, la radiothérapie entraîne moins de radiodermites aiguës (pendant les séances). Grâce à ces progrès, la survie a 5 ans a considérablement augmenté.

En parallèle, on assiste à une augmentation du nombre de radiodermites chroniques. En cause, justement cette amélioration des traitements. En effet, l’augmentation de la survie laisse maintenant le temps aux radiodermites chroniques, survenant dans un délai compris entre 5 et 10 ans, de se manifester. Ces dermatoses (atteintes de la peau) apparaissent essentiellement dans la région pré sternale, autrement dit dans le décolleté et sont donc très visibles. De cette manière, impossible pour la patiente d’oublier ses antécédents de cancer.

La radiodermite se traduit en effet, par la dilatation de nombreux petits vaisseaux à la surface de la peau (tâche rougeâtre), retraçant la zone irradiée. Des dyschromies (modification de la couleur de la peau), une atrophie cutanée (peau fragile et fine) voire une fibrose sous-cutanée (durcissement anormal de la peau) peuvent également être observés.

Régression de 90% des radiodermites grâce au LCP

En dépit du scepticisme de certains oncologues, l’utilisation du laser à colorant pulsé (LCP) pour traiter les radiodermites chroniques suite à un cancer du sein s’avère très efficace et très bien toléré par les patientes (technique classiquement utilisée pour l’angiome du nourrisson).

Une première étude réalisée en 2002, sur 8 patientes, avait déjà obtenu de très bon résultats avec le blanchiment des lésions. Les chercheurs avaient alors pour la première fois, en se basant sur le caractère vasculaire des radiodermites chroniques, expérimenté le laser à colorant pulsé (LCP) à faible durée d’impulsion (0.45ms). Une autre équipe a comparé l’utilisation du LCP à une autre technique (la lumière intense pulsée ou ILP) chez 13 patientes. Les résultats montrent une régression moyenne de 90% des lésions avec la LCP contre seulement 50% avec l’autre méthode. De plus, la LCP s’avère être mieux tolérée (aucun effet secondaire reporté contre 2 pour la ILP).

Deux autres études ont été réalisées, et cette fois-ci sur un nombre plus important de patientes (près de 200). L’objectif de ces 2 études complémentaires était de déterminer le nombre de séances nécessaires pour l’obtention d’une réduction d’au moins 80% des lésions. La première étude utilisait le laser à colorant pulsé dans les conditions habituelles du traitement de l’angiome du nourrisson (avec une durée d’impulsion de 1.5ms). La seconde, avec un laser plus perfectionné ainsi que d’autres paramètres (durée d’impulsion de 1.5ms, 3.6ms et 10ms) pour évaluer les réglages permettant la meilleure efficacité.

Dans les deux études, les résultats sont très satisfaisants, et cela, quelle que soit la durée d’impulsion. Plus de la majorité des patientes (70%) atteignent, en 2 à 3 séances, au moins 80% de régression des lésions. De plus, l’intégralité des patientes témoigne d’une amélioration de leur qualité de vie. Elles déclarent pouvoir enfin tourner la page sur le cancer, chose impossible lorsque la « marque » persistait.

Charline D., Pharmacienne


Source :
Traitements des radio dermiques chroniques après un cancer du sein par les lasers vasculaires. Réalités thérapeutiques en dermato-vénérologie. Cahier 2. n° 259. Février 2017.

Charline D.
Pharmacienne.
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