Radiodermite : limiter les risques

Feb 13, 2017 par

Radiodermite radiothérapie brûlure

On vous annonce l’utilisation de la radiothérapie pour traiter votre cancer et on vous parle de potentiel risque de radiodermite ? Radiodermite fait le point sur les radiodermites et les conseils à suivre pour mettre toutes les chances de son côté et mieux vivre son traitement.

Qu’est-ce qu’une radiodermite ?

Les radiodermites sont définies comme des brûlures induites par les radiations ionisantes. Ces radiations sont utilisées lors de la radiothérapie pour le traitement des cancers. Le personnel de santé travaillant dans des services de radiothérapie ou radiologie peut également être concerné.

A savoir ! C’est Henri Becquerel, physicien de renom, qui décrit pour la première fois la brûlure par irradiation après avoir laissé un tube de radium dans sa poche !

On distingue plusieurs types de brûlures. Les radiodermites aigües surviennent généralement dans les jours ou les mois qui suivent l’irradiation. Elles sont classées selon leur gravité :

  • Grade 1, plaque rouge (érythème) fréquente et régressant vite à l’arrêt du traitement. Elle peut être accompagnée d’un œdème et d’une sensation de chaleur ;
  • Grade 2, plaque rouge avec œdème d’intensité moyenne et suintement ;
  • Grade 3, décollement et ulcération cutanée. Il faut plusieurs semaines ou mois selon la zone pour que le tissu cutané. Des séquelles sont fréquemment observées, comme une dépigmentation ou une perte de poils ou cheveux au niveau du site touché ;
  • Grade 4, radionécrose due à un surdosage apparaissant en quelques jours. Elle est très douloureuse et se traduit par un processus de nécrose (mort des tissus) pouvant dévoiler os, tendons et muscles.

Les radiodermites chroniques quant à elles, apparaissent des mois ou plus fréquemment des années après l’irradiation et s’aggravent avec le temps. Elles peuvent évoluer vers un processus de cancérisation.

A savoir ! La radiothérapie couplée à la chimiothérapie induirait plus de radiodermite que la radiothérapie seule selon une étude de l’American Society for Radiation Oncology.

Prévenir

La prévention primaire repose sur l’évitement ou la diminution de l’exposition aux radiations. C’est-à-dire que l’on procède à la protection du personnel dans les services de radiologie par le port de vêtements de protection (tablier) et la surveillance de l’exposition avec un dosimètre. Le principe de précaution est adopté. On utilise la plus petite dose efficace et la radiothérapie n’est plus prescrite dans les pathologies bénignes (verrues, angiomes…).

La prévention secondaire, intervenant après l’irradiation, consiste à limiter le risque d’apparition de radiodermite ou si elle est déjà présente à éviter son aggravation. Elle passe par l’information mais surtout l’éducation du patient concernant la photo-protection et les facteurs aggravants. Ainsi pour limiter le risque il faut :

  • Se protéger du soleil par des vêtements suffisamment couvrants et de l’écran total ;
  • Suivre des mesures d’hygiène de base. Se laver au moins une fois par jour avec un savon neutre suivi d’un séchage minutieux ;
  • Bannir l’utilisation d’alcool ou de parfum sur les zones ;
  • Eviter les frottements, appuis ou traumatismes au niveau des sites irradiés.

Enfin, il est conseillé d’effectuer une surveillance régulière des zones irradiées, et cela même lorsque les séances de radiothérapie ont pris fin.

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Charline D., Pharmacienne


Sources :

Radiodermites. Fondation René Touraine. Publié le 7 novembre 2013

Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
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